lundi 26 avril 2010

Mon oncle

Non, je ne vous parlerai pas de Jacques Tati!!!

Mais de mon oncle!


Tout d'abord, j'ai choisi cette photo pour participer

au concours
"black and white"

chez Mars Avril Mai.

J'ai une tendresse toute particulière pour lui.

C'est le frère de ma maman.


J'aime cette photo.

Elle représente tout à la fois le labeur de la Terre (couper du bois) et la conversation (dont il est friand). Et ce n'est pas antinomique!

Comme mon père, il a arrêté l'école très tôt (à l'échelle de nos représentations actuelles concernant la durée de la scolarité). Il est parti faire ses classes en apprentissage. Lui fut carreleur, mon père fut cuisinier. Et pourtant...
Et pourtant, tous deux ont une réflexion sur la vie, sur la société, sur la politique, sur l'humaine condition que beaucoup de diplômés de grandes écoles n'ont guère. Certes ils ne manipulent pas forcément la rhétorique, les idéologies, les verbiages de nos têtes "pensantes" mais ils ont souvent plus de bon sens que ceux qu'on entend parler sur les ondes.
Il y a quelque chose qui par exemple m'exaspère quand j'entends parler "ceux qui pensent"! Ils affichent tel un étendard cette nécessité si exemplaire et bien pensante de la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans sous entendant qu'en l'absence de celle-ci une culture commune (un socle commun pour parler de façon pédagogique) serait absente, le signe d'une lacune indéniable... Moi, je vous dis, il vaut mieux passer un été à bosser qu'à regarder la télé actuelle ou à glandouiller dans le quartier.

Alors là, oui je m'insurge!

Cela voudrait donc dire que tous ceux qui ont quitté l'école si tôt ont été des cancres, des idiots, qu'il leur manque quelque chose. C'est un manque de respect pour tous ceux fort nombreux qui l'ont laissé cette école, parfois par choix, parfois par obligation. Non mon oncle et mon père ne sont ni illettrés, ni inconsistants, ni incultes.

JE DIS NON.



Mon oncle est un lecteur assidu de livres en tout genre: littérature, histoire, politique, etc... Mon père s'informe quotidiennement, le journal est là quasiment tous les matins, il suit les nouvelles et sait tenir sans pâlir la conversation sur ce qui fait la vie, la politique, nos hommes politiques qui sont sensés nous représenter, l'évolution de la condition féminine, etc... Les conversations familiales sont riches, parfois houleuses, parfois passionnées mais elles existent.



Et j'en viens à la génération actuelle.

OUI

Je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui un jeune ne peut plus travailler à 14 ans durant ses vacances d'été. Il y en a qui le voudrait (au lieu de rester à "rouiller"). Et ne me dites pas qu'il n'y a pas de travail! C'est la volonté politique qui manque! Non seulement cela les ferait mûrir (car oui, prendre place dans le monde des adultes fait grandir) mais en plus cela les responsabiliserait et les autonomiserait (car gagner quelques euros n'est pas déplaisant et apprend la valeur du travail et des efforts). Tous, dans ma famille, ont travaillé soit parce qu'ils faisaient une formation professionnelle soit pendant les vacances scolaires, tous en parlent positivement. Non, cela ne serait pas une régression sociale de réviser cette conception de la formation des jeunes et de leur intégration dans le tissu professionnel.

Et aujourd'hui?
A quel âge un jeune peut-il vraiment travailler l'été?
Qui accepte maintenant des mineurs?

Même à 16 ans, c'est devenu rare.

Et ma fille qui me demande:
"Qu'est-ce que je vais pouvoir faire comme travail d'été?"

"Et à quel âge?"


Vous avez une idée vous?

Vous avez fait des boulots d'été?

A partir de quel âge?
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27 commentaires:

  1. commencé à travailler à 17 ans à la sécu rembourser les feuilles de maladie. ça m'a payé un voyage à venise avec ma maman. super non?
    puis: castrer le maïs, donner des cours de math et de physique, serveuse, faire des crêpes sur la plage à anglet, vendre des fringues. je crois que c'est tout. ça a permis de ne pas demander des ous pendant les vacances et aussi de participer au loyer quand j'étais étudiante. j'en suis bien contente.

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  2. Honte à moi, je n'ai jamais bossé l'été ...

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  3. j'ai un peu honte du coup, moi celle qui n'a jamais bossé pendant l'été... mes parents ont bizarrement réussi avec brio à nous apprendre la valeur du travail, de l'argent, de la persévérance et de l'obstination tout ça en nous donnant quasi tout sans rien exiger en retour...

    en tous cas, réflexion très intéressante à laquelle je rajouterais:
    tout comme une scolarisation longue n'est pas nécessaire pour bien former l'esprit, l'inverse est terriblement vrai! tellement de cons sortent des grandes écoles et des universités que ça en est inquiétant!

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  4. j'ai travaillé dès que j'ai pu pendant les vacances d'été, à 18 ans donc, et c'est un bon souvenir... j'ai été eclusière, serveuse, j'ai meme travaillé dans une usine... ça me payait extras, livres, clopes et sorties sans avoir à réclamer de l'argent à quiconque... en italie tout le monde travaille l'été, et souvent dès 14 ans, meme ceux dont les parents ont beaucoup d'argent, et selon moi une bonne école de la vie...

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  5. C'est vrai, ma fille voudrait travailler aussi l'été mais impossible ou très difficile avant 18 ans!

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  6. nop, je n'ai jamais fait de job d'étudiant, pas envie et pas l'obligation.

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  7. Evidemment que l'on apprend pas que sur les bancs de l'école et de l'université...C'est tellement fondamental de pouvoir se le rappeler, pour cela merci...
    Mais, malheureusement, aujourd'hui encore les chances ne sont vraiment pas égales pour les jeunes d'accéder à un niveau d'enseignement qui leur permet de se diriger vers l'orientation professionnelle dont ils rêvent... Je m'arrête sinon je risque vraiment d'être trop longue... Pour le travail des ados je suis entièrement favorable à ce qu'ils puissent jober durant les vacances avant 18 ans, rencontrer un autre univers que le leur (parfois très restreint...)me semble nécessaire et très formatif, par contre sur la question de la volonté je ne suis pas entièrement d'accord avec toi, la discrimination existe et la volonté ne suffit pas toujours...
    Tu sais, je suis prof en école sup et je tente par tous les moyens de convaincre mes étudiants que tout ne se pense pas en terme de concept, qu'il faut parfois pouvoir "se désabriter" pour se confronter à la vie... j'arrête on dirait mami Mireille ! ;-) Bravo à ton oncle, très jolies photos... Parlantes, une jolie histoire de vie,vraiment...Bises

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  8. J' ai été caissiere pendant 4 étés, pendant mes etudes aussi. Ca m' a bien dépanné. j' adore ton prtrait en noir et blanc

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  9. Moi qui suis une jeunette, en ne connaissant personne et en étant donc pas "pistonnée" j'ai commencé à travailler l'été de la fin de ma première année de fac j'allais donc avoir 19ans, je n'avais rien trouvé avant! Mais depuis je me suis bien rattrapée maintenant j'ai un CDI étudiant d'un côté c'est bien, c'est la sécurité d'avoir toujours quelque chose à la fin du mois et on envie ma place mais d'un autre côté ce n'est pas le top pour la réussite scolaire!
    Quand j'étais plus jeune je passais deux mois à lire, toute la journée si j'avais envie, le bonheur...

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  10. Bonjour et merci pour ce billet bien délicat, dont je partage entièrement les idées. Dans notre famille nous avons toujours, de génération en génération, développé la volonté de travailler ; même sans en avoir l’âge chacun devait gagner son argent de poche (les moins de 18 ans, se rendant utiles en famille). Très difficile de faire accepter ces contraintes aujourd’hui.

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  11. @ Carole: Et puis il me semble que cela participe au développement d'une certaine "débrouillardise"...

    @ Libelul: non pas honte!!! C'est comme ça.

    @ L'épice: effectivement les parents transmettent également une "conception" de la vie qui ne nécessite pas forcément "l'épreuve", j'en suis convaincue.

    @ Flou: et il ne me semble pas qu'il s'agisse de régression sociale.

    @ Sylvie: C'est quand même dommage pour celles et ceux qui ont ce désir-là de ne pouvoir trouver un job d'été!

    @ Mir: en fait je ne parlais pas de la volonté des jeunes (car cela relève de leur responsabilité) mais de la volonté politique (d'ailleurs je vais de ce pas rajouter le mot). J'ai bien conscience des difficultés liées à la discrimination.

    @ Zaza: Merci du compliment concernant la photo. Dur dur le boulot de caissière!!!

    @ Ulije:Il y a des mairies qui ont une politique de "petits boulots" pour les jeunes avant 18 ans mais ce n'est pas généralisé. Là, les municipalités auraient un sacré truc à faire en direction de leur jeunesse!!!

    @ Elfine: bon certes, il y a des jeunes qui ne le souhaitent pas et pourquoi pas... Mais je pense à ceux qui ont envie (ou besoin).

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  12. C'est un bel hommage et de bien jolies photos...

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  13. Oh que j'aime ce que tu as écrit !
    Ce que tu dis bien ce que je pense !

    Je ne peux que te remercier de dire si joliment ce que moi, j'ai tant de mal à exprimer...

    J'ai travaillé l'été ado... et je trouve ça normal...

    Bisous

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  14. Billet tout à fait juste !
    Les deux vont être heureux de lire ces lignes et en retireront, à juste titre une certaine fierté.

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  15. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  16. Il est tellement difficile maintenant de trouver un travail stable. On enchaîne CDD sur CDD, avec souvent de longues périodes de rien... du coup, les travaux qu'autrefois les jeunes effectuaient pendant les vacances, des adultes en ont besoin pour survivre :-(

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  17. @ Val: merci!!!

    @ Papotinette: Merci!!!

    @ Anonyme: Tu penseras à leur montrer alors!!!

    @ Madame Sophie: 14 je crains que ce soit impossible (les contrats pour les moins de 16 ans sont très restrictifs). Mais nous nous renseignerons, c'est sûr!!!

    @ La femme des Steppes: peut-être as-tu raison???

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  18. Tu as tellement raison !
    J'adore ta photo en noir & blanc !

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  19. Je suis d'accord avec toi. J'espère que mon garçon commencera jeune. Il peut être camelot ou coupé le gazon... Quand il aura 14 ans, je suis sur que dans une cantine, il pourrait... ou si tu connais quelqu'un qui a une ferme ou un écurie... c'est aussi possible j'en suis sur.

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  20. J'aime bien ce texte, et je suis d'accord avec toi ! à la fois sur l'intelligence et la culture de ceux qui ont arrêté tôt leur parcours scolaire et sur le fait de donner à apprendre par le travail aux jeunes ! Mais on vit une drôle d'époque, pas simple et méprisante surtout...

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  21. Je suis à Clermont-Ferrand, l'été nous avions la chance de pouvoir travailler dans les champs,ails, maïs. Aujourd'hui, cela se fait de moins en moins. Chez ma moitié qui lui est d'origine creusoise, c'était les myrtilles.

    Il y a aussi la possibilité de devenir animateur de camps de vacances en passant le BAFA...

    J'ai eu mon premier boulot d'été à 13 ans ce qui m'a permis de m'offrir mon premier pantalon de marque.

    Les choses ont déjà bien changé et je pense que mon fils n'aura plus la possibilité d'effectuer les travaux agricoles pour gagner un peu d'argent, se responsabiliser... (mécanisation, évolution des mentalités des gens aussi...)

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  22. @ Marie-Hélène: Merci!

    @ Jane: je prospecterai.

    @ Océane: Je crois que si l'on veut que les jeunes se sentent concernés il y a plusieurs chemins à creuser et notamment le travail d'été. Il y a certes d'autres pistes mais pourquoi se restreindre???

    @ Petula: oui le Bafa, effectivement, mais il est, me semble-t-il payant maintenant. Et à 17 ans non???

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  23. Nos parents arrêtaient souvent leurs études après le certificat d'études (les miens les premiers), mais ce n'était pas la même époque : il fallait bosser! Mot qui aujourd'hui ne doit plus avoir la même signification...
    Et oui j'ai fait des boulots d'été, dès 18 ans, à l'usine et j'ai aimé ça! Cela m'a fait comprendre la chance que j'avais de faire des études et que bosser et gagner de l'argent c'est gratifiant!

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  24. Un joli témoignage d'amour et un coup de gueule exactement comme je les aime !

    Il faut combattre ces idées reçues, qui n'ont pour moi aucun fondement, si ce n'est de satisfaire l'égo de ceux qui les diffusent...

    Pour moi, le travail, ça a commencé à 16 ans. Tous les étés pendant 7 ans dans la banque où ma Maman était elle-même employée.
    De bons souvenirs. Et même certaines années, un travail particulièrement intéressant, tout à fait gratifiant pour mon jeune âge à l'époque.
    Et quelle joie ensuite de pouvoir se faire plaisir avec l'argent gagné !
    Cela m'a donné le sens de l'effort et des bonnes notions de base quant à la valeur de l'argent... Certes, au début, ce sont mes parents qui m'ont "forcée", mais chaque jour de ma vie depuis, je les en remercie.
    Pour l'anecdote, mon premier salaire d'été là-bas, il y a 23 ans de ça, il était plus important que celui que je touche actuellement...!

    Merci encore pour cet article... C'est si bon de lire des choses que l'on partage tout à fait !

    Belle journée à toi !

    PS : la première photo, en noir et blanc, est juste magnifique... Elle me fait penser à cet ouvrage de Raymond Depardon, "Paysans"...

    *

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  25. @ Lalydo: Et du coup je regrette vraiment que des jeunes aient tant de difficulté et d'obstacles à surmonter pour aller ponctuellement se frotter à cette réalité de la vie.

    @ Anne-Laure: Grand merci pour ce témoignage!!! Vraiment. C'est à ces détails-là qu'on sent la diminution d'une société. Je crois (et de nombreuses études le dénoncent) qu'aujourd'hui les demandes envers la formation des jeunes est accrue mais les possibilités de découvertes et de tâtonnements réduites.

    Et puis, waouhhh, je suis touchée par la référence à Depardon (dont le travail concernant le monde payson me touche particulièrement).

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  26. Un bien bel article, auquel j'adhère completement, dans lequel je me retrouve.
    Quand je lis tes lignes je vois imédiatement nos discussions avec Pierre où patois, français et anglais se mélange au gré des personnes qui s etrouve autour de sa table. Sa vision de la vie est si juste que certain intellectuels de la ville qui viennent en vacances à coté de chez lui prennent le temps de s'assoir à sa table en sont soufflés par son niveau...
    C'est mon grand père spirituel moi qui n'en ai jamais eu ;-)

    Mon garçon a 16 ans, il aimerai bien pourvoir travailler. Il a déjà proposé ses services gratuit pour soigner des poney (ce qu'il fait très bien) mais jusque aucune réponse, c'est pourtant un jeune de confiance...

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  27. @ barbibouille: Tu pourrais, un jour, nous faire un billet sur lui, non???

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