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mercredi 15 juin 2011

Rouge cerise

Ouvrez...



Gourmandises du moment...


Photo prise avec un Nikon D7000
Ouverture: F/5,6
Vitesse: 1/5sec
Sensibilité: ISO-400
Longueur de la focale:  58 mm

Pour le Projet Photo 52 dont le thème de la semaine est "nourriture".
Pour Lali dont le thème de juin s'inspire des fruits de saison.
Pour Anne-Laure qui est gourmande chaque mercredi.




Je m'en vais faire un clafoutis...

LE TEMPS DES CERISES

Quand nous en serons au temps des cerises,
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur.
Quand nous en serons au temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court, le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles.
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Évitez les belles.
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des chagrins d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises :
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte,
Et dame Fortune, en m'étant offerte,
Ne saurait jamais calmer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur.

Jean-Baptiste Clément (1866)

Bonne journée!

dimanche 28 novembre 2010

La blanche neige

 Il faut bien qu'on accepte qu'elle montre son nez.

Oui, hier je me suis levée et 
en jetant un œil par la fenêtre...

Elle était là.




LA BLANCHE NEIGE

Les anges les anges dans le ciel
L'un est vêtu en officier
L'un est vêtu en cuisinier
Et les autres chantent

Bel officier couleur du ciel
Le doux printemps longtemps après Noël
Te médaillera d'un beau soleil
D'un beau soleil

Le cuisinier plume les oies
Ah ! tombe neige
Tombe et que n'ai-je
Ma bien-aimée entre mes bras

Guillaume Apollinaire

Oh, c'est sûr, il n'y en avait pas autant que la photo le laisserait croire, mais elle était bel et bien là. Cette photographie n'est pas d'hier évidemment.Le texte d'Apollinaire est donc ma participation aux dimanches poétiques chez Bookworm


 ET CHEZ VOUS?
La blanche neige a-t-elle montré son nez?

BON DIMANCHE ! ! !


dimanche 14 novembre 2010

Tic! Tac!

CURIOSITÉ...

Il y a peu, j'avais entendu aux infos que de nombreux londoniens étaient arrivés en retard à leur travail en raison d'une panne... de leur téléphone portable (une application de l'I-phone qui ferait office de réveil). Alors je me posais cette simple question:

Qu'est-ce qui vous réveille le matin???




 
Je suis la pendule, tic!
Je suis la pendule, tac!
On dirait que je mastique
Du mastic et des moustiques
Quand je sonne et quand je craque
Je suis la pendule, tic!
Je suis la pendule, tac!
J’avance ou bien je recule
Tic-tac, je suis la pendule,
Je brille quand on m’astique,
Je ne suis pas fantastique
Mais je connais l’arithmétique,
J’ai plus d’un tour dans mon sac,
Je suis la pendule, tac!
Je suis la pendule, tac! 

Pierre Gamarra

 Un petit texte également pour Bookworm et ses dimanches poétiques.


Demain matin, quel sera votre réveil?


dimanche 24 octobre 2010

Amour amour amour...

Je partage avec vous ce poème d'un poète contemporain 
accompagné de quelques reproductions de Marc Chagall qui, 
je trouve,
se marient parfaitement au texte.

 Marc Chagall 
Les trois bougies

 Il y a, 
Des brassées d'étoiles dans nos bras,
Des poignées de rêves dans nos poings,
Des passages déroutés dans nos pas,

De la poussière d'ange à tes paupières,
Du rouge d'amante à tes joues,
De la sueur de femme à tes hanches,
Du ressac de bacchante entre tes cuisses,

De l'imprévu toujours,
De l'inconnu n'importe où,
Des rendez-vous partout,

Et puis encore le souffle au large,
Et puis encore la fièvre au front,
Et puis encore l'amour sans fin.


André VELTER



 Marc Chagall
La promenade, 1917


Marc Chagall
Les amants au ciel rouge


Marc Chagall
Les amoureux, 1956


 Marc Chagall
Les amoureux aux marguerites


Marc Chagall
Les amoureux de Vence


Marc Chagall
Les mariés de la Tour Eiffel 1938


Petite participation aux dimanches poétiques chez bookworm.

BELLE SOIRÉE A VOUS!

mardi 5 octobre 2010

Est-ce étrange?

Pödane nous pose aujourd'hui une question bien difficile: Croyez-vous aux choses étranges? Fantômes, extra-terrestres, guérisseurs... J'aurais tendance à répondre de façon très cartésienne, je ne crois que ce que je vois. Mais finalement, dans ce cas-là, tout est question de vers quoi je porte mon regard, n'est-ce pas? 

Pour ce qui est des fantômes ou des extra-terrestres, j'ai parfois rencontré des personnes qui connaissent des personnes qui connaissent des personnes qui.... Bref, jamais de près! 

Pour ce qui est des guérisseurs, voilà que les choses se rapprochent.

Une personne qui s'est brûlée avec une poêle d'huile bouillante et qui, immédiatement, a été conjurée et au final n'a eu aucune trace de cet accident.
Une autre qui, atteinte d'une tumeur, devait n'avoir que quelques années à vivre puis, par la méditation et la guérison a démenti les mauvaises prédictions de la science médicale traditionnelle.

Quelle est la part du corps? 
Quelle est la part de l'esprit?

Je vais répondre par ce qui vous semblera peut-être une réponse de Normand!!!!
Quoique....

J'ai écouté il y a peu, une émission passionnante sur France Inter: Sur les épaules de Darwin et particulièrement NOS ÉMOTIONS. Une émission proposée par Jean-Claude Ameisen (médecin immunologiste, chercheur, etc....)



Voici quelques extraits des plus instructifs...


Jusqu'à quel point nos émotions peuvent-elles modifier profondément le fonctionnement de notre corps?
Jusqu'où les émotions peuvent influer sur le fonctionnement de notre corps?

Penser, être persuadé que la maladie est inscrite à l'intérieur du corps peut être source d'abandon. Dans cet abandon, il y a peut-être quelque chose, qui en soi, aggrave la maladie. 

Par contre, l'espoir, la confiance a des effets mystérieux: c'est l'effet PLACEBO.

Si la personne pense que le placébo est (vraiment) un médicament, que ça va l'aider à guérir, il y a souvent un effet bénéfique sur les symptômes ou le développement de la maladie. Il ne suffit pas que la personne le CROIT, il faut que la personne qui lui donne le placébo le CROIT aussi. Donc la confiance et l'espoir, c'est contagieux. Si la personne qui donne ce placébo sait que ça n'agira pas, que c'est simplement un placébo, cela ne suffira pas, cela se lit sur son visage, cela s'entend dans sa voix. Le RIEN (placébo) a un effet, la confiance et l'espoir ont un effet.  Si la personne CROIT qu'elle va aller mieux, qu'on est en train de la traiter, elle fabrique un surcroît de dopamine. CROIRE qu'on va aller mieux fait que le corps se met à se soigner. 
Mais CROIRE qu'un traitement ne va pas marcher peut empirer l'état du corps: c'est l'effet NOCEBO.

Depuis une 60aine d'années, on a décidé qu'on ne pouvait pas mentir à un patient, que chaque personne était responsable et pouvait donc choisir son traitement. C'est un des piliers de l'ÉTHIQUE médicale moderne: LE CHOIX libre et informé. Donc pour choisir, il faut être informé. Mais cette information complète et totale (mort possible, invalidité, effets secondaires) va avoir un effet qui va diminuer l'efficacité du traitement: effet NOCEBO. L'information est toujours un compromis entre savoir suffisamment pour pouvoir choisir librement mais ne pas en savoir trop pour ne pas perdre l'espoir et la confiance. 

Définir, classer, catégoriser, PRÉDIRE n'est pas neutre. Notre regard fait partie du monde intérieur des autres et le regard des autres fait partie de notre monde intérieur.

Les avancées des neuro-sciences sont fascinantes et extraordinaires mais pourtant il y a quelque chose de particulier dans notre pays par rapport à d'autres pays d'Europe ou du Monde, quand nous n'arrivons pas à guérir, nous avons tendance à abandonner. 

CETTE émission radio était vraiment enrichissante.
Je vous conseille de l'écouter dans son intégralité:



ET VOUS?
Pensez-vous que l'"état d'esprit" influe sur la santé du corps?


Et je vous invite à découvrir MIR chez Oh Les Girls!

dimanche 3 octobre 2010

L'escargot....

Hier, je suis allée visiter un jardin des plus cocasses! Un petit air du Facteur Cheval et son Palais Idéal s'en dégageait et tout cela,  au cœur de la Croix Rousse lyonnaise. Je vous montrerai ça prochainement dès que j'aurai eu le temps de faire le tri dans mes images. En attendant, pour Mulot voici deux photographies:

L'une à l'arrivée



 L'autre au départ


Et un timide parallèle avec cette photographie du GRAND Edward Weston:


Puis comme c'est un dimanche poétique chez Bookworm
je ne résiste pas à l'envie de glisser ici une poésie apprise dans l'enfance, 
une poésie qui m'avait touchée au cœur:



Chanson des Escargots qui vont à l’Enterrement

A l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s’en vont dans le soir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps

Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voila le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le cœur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l'œil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli
Reprenez vous couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter a tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l’été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été
Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais la haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques PRÉVERT

 Je vous souhaite un agréable dimanche!!!!


dimanche 26 septembre 2010

L'enfance


L'enfance

Qu’ils étaient doux ces jours de mon enfance
Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,
je coulai ma douce existence,
Sans songer au lendemain.
Que me servait que tant de connaissances
A mon esprit vinssent donner l’essor,
On n’a pas besoin des sciences,
Lorsque l’on vit dans l’âge d’or !
Mon cœur encore tendre et novice,
Ne connaissait pas la noirceur,
De la vie en cueillant les fleurs,
Je n’en sentais pas les épines,
Et mes caresses enfantines
Étaient pures et sans aigreurs.
Croyais-je, exempt de toute peine
Que, dans notre vaste univers,
Tous les maux sortis des enfers,
Avaient établi leur domaine ?

Nous sommes loin de l’heureux temps
Règne de Saturne et de Rhée,
Où les vertus, les fléaux des méchants,
Sur la terre étaient adorées,
Car dans ces heureuses contrées
Les hommes étaient des enfants.

Gérard de Nerval, 1822

Ces photos ont été prises à la Demeure du Chaos.


Peut-être préférez-vous cette illustration?


Mon étrange participation aux dimanches poétiques chez bookworm.

BON DIMANCHE!

dimanche 5 septembre 2010

Mon rêve...

Les rêves sont parfois si farfelus qu'ils laissent au réveil un sentiment d'étrangeté. Une image, une sensation, un personnage de la nuit demeurent ou apparaissent au cours de la journée. "Tiens, quel drôle de rêve!"
Et, si ce petit fil qui nous relie encore au rêve n'est pas trop fragile, on peut en tirer quelques bribes, aller encore plus loin. Parfois il s'échappe et disparaît. Pffft! Parti, perdu, caché. Jusqu'à une prochaine nuit, un autre matin, une nouvelle histoire.


Dans le désert de mes nuits, une boulangerie.


Et, parce que c'est la première idée qui m'est apparue en lisant la sollicitation de Virginie B, je ne peux ne pas le partager avec vous. Si beau, si vrai, si magnifiquement écrit.


MON RÊVE FAMILIER

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

Ainsi, je participe également aux dimanches poétiques
chez
Bookworm.


Vous souvenez-vous de vos rêves?


dimanche 29 août 2010

La chasse aux papillons

Quand j'étais enfant, il y avait des coquins qui avec leur filet chassaient les papillons. Cela ne me plaisait pas. Mais pas du tout! On m'avait expliqué que toucher les ailes d'un papillon l'empêcherait ensuite de voler. Alors il fallait les laisser en liberté. Voilà tout. Bon, aujourd'hui je ne sais pas si les enfants jouent encore à chasser les papillons... Mais on peut bien les photographier n'est-ce pas?


Presque accolé à la maison de mes parents, un bel arbre à papillons les attire tout au long de la journée. Je me suis laissée tenter. Il faut une sacrée patience et d'autant plus lorsqu'une légère brise agite les branchages.


Voici donc mes premières photographies de papillons "ardéchois".





Mais que vient-il faire ici celui-là?


Mais voilà une chanson qui me revient...




Et voici les paroles.

La chasse aux papillons
GEORGE BRASSENS

Un bon petit diable à la fleur de l'âge
La jambe légère et l'œil polisson
Et la bouche pleine de joyeux ramages
Allait à la chasse aux papillons

Comme il atteignait l'orée du village
Filant sa quenouille, il vit Cendrillon
Il lui dit : "Bonjour, que Dieu te ménage
J't'emmène à la chasse aux papillons"

Cendrillon ravie de quitter sa cage
Met sa robe neuve et ses botillons
Et bras d'ssus bras d'ssous vers les frais bocages
Ils vont à la chasse aux papillons

Il ne savait pas que sous les ombrages
Se cachait l'amour et son aiguillon
Et qu'il transperçait les cœurs de leur âge
Les cœurs des chasseurs de papillons

Quand il se fit tendre, elle lui dit : "J'présage
Qu'c'est pas dans les plis de mon cotillon
Ni dans l'échancrure de mon corsage
Qu'on va à la chasse aux papillons"

Sur sa bouche en feu qui criait : "Sois sage !"
Il posa sa bouche en guise de bâillon
Et c'fut l'plus charmant des remue-ménage
Qu'on ait vu d'mémoir' de papillon

Un volcan dans l'âme, ils r'vinrent au village
En se promettant d'aller des millions
Des milliards de fois, et mêm' davantage
Ensemble à la chasse aux papillons

Mais tant qu'ils s'aim'ront, tant que les nuages
Porteurs de chagrins, les épargneront
Il f'ra bon voler dans les frais bocages
Ils f'ront pas la chasse aux papillons


Ce sera donc mon rendez-vous poétique chez Bookworm.

Tous les participants:

lundi 23 août 2010

La grenouille

En Ardèche, il y a un hameau;

Dans ce hameau, il y a une maison;


Dans cette maison, il y a un escalier;


Dans cet escalier, il y a une terrasse;


Sur cette terrasse, il y a un arrosoir;


Dans cet arrosoir, il y a une grenouille.


La grenouille renversa l'arrosoir;

L'arrosoir renversa la terrasse;
La terrasse renversa l'escalier;
L'escalier renversa la maison;
La maison renversa le hameau;
Le hameau renversa l'Ardèche.


Librement inspiré de "DANS PARIS"
Paul Eluard.

    Dans Paris il y a une rue;
    Dans cette rue il y a une maison;
    Dans cette maison il y a un escalier;
    Dans cet escalier il y a une chambre;
    Dans cette chambre il y a une table;
    Sur cette table il y a un tapis;
    Sur ce tapis il y a une cage;

    Dans cette cage il y a un nid;
    Dans ce nid il y a un œuf,
    Dans cet œuf il y a un oiseau.

    L'oiseau renversa l'œuf;
    L'œuf renversa le nid;
    Le nid renversa la cage;
    La cage renversa le tapis;
    Le tapis renversa la table;
    La table renversa la chambre;
    La chambre renversa l'escalier;
    L'escalier renversa la maison;
    la maison renversa la rue;
    la rue renversa la ville de Paris.


BON LUNDI !!!

dimanche 8 août 2010

VERLAINE ou la demeure du chaos

Il y a un lieu qu'il faudra que je vous montre.


Mais en attendant, un poème...

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches,
Et puis voici mon cœur, qui ne bat que pour vous,
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée,
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.


VERLAINE


Vous connaissez la Demeure du Chaos?

Et les dimanches poétiques chez Bookworm?


Beau dimanche...

dimanche 18 juillet 2010

Clown!!!




CLOWN

Un jour,
Un jour, bientôt peut-être,
Un jour j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers

Avec la sorte de courage qu'il faut pour être rien et rien que rien.
Je lâcherai ce qui paraissait m'être indissolublement proche.

Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.
D'un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînements "de fil en aiguille"
Vide de l'abcès d'être quelqu'un, je boirai à nouveau l'espace nourricier.

A coups de ridicule, de déchéances (qu'est-ce que la déchéance?), par éclatement.
Par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j'expulserai de moi la forme qu'on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage
Et à mes semblables, si dignes, si dignes mes semblables.

Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une immense trouille.
Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m'avait fait déserter.
Anéanti quant à la hauteur, quant à l'estime.
Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.

CLOWN, abattant dans la risée, dans l'esclaffement, dans le grotesque, le sens que toute lumière je m'étais fait de mon importance.
Je plongerai.
Sans bourse dans l'infini-esprit sous-jacent ouvert à tous, ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée.

A force d'être nul
Et ras
Et risible...

HENRI MICHAUX.

Ce texte est ma participation aux dimanches poétiques chez Celsmoon.



J'ai pris ces photos à la FRICHE RVI à Lyon.
Un clown y a son espace.
Aruspice Circus
Voici le lien:


Et vous, le clown vous touche?


Rendez-vous sur Hellocoton !


dimanche 20 juin 2010

Gentil coquelicot

Avant qu'ils ne soient passés...

(Merci à mes deux petites élèves qui les ont apportés.)


Le coquelicot

Le champ de blé met sa cocarde
Coquelicot.
Voici l'été, le temps me tarde
De voir l'arc-en-ciel refleurir.
L'orage fuit, il va mourir,
Nous irons te cueillir bientôt,
Coquelicot.

Robert Desnos




Gentil coquelicot

J’ai descendu dans mon jardin (bis)
Pour y cueillir du romarin
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot nouveau

Un rossignol vint sur ma main
Il me dit 3 mots en latin
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot nouveau

Que les hommes ne valent rien (bis)
Et les garçons encore bien moins
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot nouveau

Des dames il ne me dit rien (bis)
Des demoiselles beaucoup de bien
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot nouveau

Les hommes ne valent rien???

C'est drôle les comptines...

N'est-ce pas?


Enfantines participations aux dimanches poétiques:


Gentil coquelicot mesdames...

dimanche 6 juin 2010

Rêve pour l'hiver

Je sais, je sais, nous sortons à peine du froid que je vous parle d'hiver.

Mais laissez-vous donc charmer par la lecture de ce texte!

Van Gogh, Wagons de chemin de fer, Août 1888


Rêve pour l'hiver

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l'œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...

Et tu me diras: "Cherche!" en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup...

Arthur Rimbaud
(7 octobre 1870)


Alors?
Toujours froid?



Vous pouvez, vous aussi, participer aux dimanches poétiques:



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jeudi 3 juin 2010

Rêver...

Voyager...

Ulysse et les sirènes, Vase antique



Lire un livre et plus rien n'existe autour de soi.

Écouter quelqu'un parler, à la radio, exprimer sa pensée, préciser ses idées, dire son chemin, sa vie.

Être terriblement captée par une histoire au cinéma.

Partir après avoir soigneusement préparé ses valises, partir et découvrir un ailleurs.

Partir juste avec un sac au dos et un vol sec. Hélas, la vie ne me l'a offert qu'une fois...

Tenter de reprendre le fil d'un rêve qui a bien voulu se laisser attraper, comprendre aussi que parfois, la porte est fermée.

Écouter un conteur.

M'amuser à photographier.

Ulysse et les sirènes, Marc Chagall, 1974 1975


Et puis un texte, si beau, si beau...
Que je ne peux m'empêcher...
Le voilà:


L'invitation au voyage

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

CHARLES BAUDELAIRE


Ulysse et les sirènes, Pablo Picasso, 1947