samedi 25 septembre 2010

Réfléchis donc...

Certains penseront probablement que l'art, ce n'est pas ça, pas cette chose morbide et sombre, pas cette Demeure chaotique et étrange. Certains trouveront que, peut-être, c'est tomber dans la facilité que d'accumuler ainsi des images horribles de notre monde, de notre histoire, de nous-même. Certains penseront que l'art doit plutôt nous entraîner vers un monde de douceurs, de "beauté", de calme et de volupté! Oui peut-être... Mais en êtes-vous certains? Quand on regarde nombre de tableaux qui ont traversé les années, les siècles, n'est-ce que sérénité, "belles" formes et "belles" couleurs? Et d'ailleurs le BEAU est une question bien trop difficile pour en juger aussi définitivement. Le Cri de Munch est-il beau? Le Radeau de la Méduse est-il beau? Les assemblages sur des plateaux de Spoerri sont-ils beaux?


Autoportrait dans la Demeure du Chaos


Il y a des formes d'art auxquelles notre sensibilité est plus ouverte probablement. Notre sensibilité est aussi à l'image d'une époque, d'une environnement. Mais notre sensibilité ne fait pas l'Art. L'Art est une forme d'expression qui nous touche, qui nous rebute, qui nous laisse indifférent, qui nous amuse, qui nous surprend... Dans notre mode de vie "polissé" (ou policé), quelques-uns jouent différemment.

Pour répondre au comm d'Eudoxie: J'ai utilisé le terme "polissé" qui est un barbarisme dans l'idée de POLISSAGE, rendre lisse, sans aspérités.


Quelques reflets de la Demeure



Et si vous souhaitez participer aux weekends reflections!


Cependant....

Des questions peuvent être posées!

D'une part, je suis surprise que des parents de jeunes enfants n'hésitent pas à venir dans ce lieu avec leurs rejetons! (Comme par ailleurs je suis surprise qu'ils laissent voir des images choquantes et télévisuelles sans beaucoup de retenue.) Non, je ne suis pas prude ou rigide, juste inquiète de ce que ces images deviennent dans leur intérieur, leur imaginaire, leur propre stock d'images internes. Nous vivons dans un monde qui ne se pose guère la question de l'impact de l'image sur la construction de la personnalité, c'est dommage. Il y a des expériences visuelles qui nécessitent une construction plus aboutie, moins fragile de la personnalité pour pouvoir les "accueillir" en relative sécurité. Pour pouvoir digérer cette expérience, je crois qu'il faut pouvoir mettre à distance ce que ça fait en nous et pouvoir le penser. Je ne crois pas que cette expérience-là soit vraiment "utile" aux jeunes enfants! Et même pour certains enfants plus âgés qui n'auraient pas précédemment une "culture" de l'Art qui leur permette de prendre ça avec la distance nécessaire et les mots ou la discussion avec les adultes qui les accompagnent dans cette visite.

D'autre part, même si personnellement, en tant que "visiteuse" d'un jour, cela m'intrigue, me questionne et éveille diverses questions, comment le voisinage ressent cette Demeure? Il faut reconnaître que c'est VIOLENT dans et hors des murs. Quel sens cela a-t-il, dans cette démarche, que l'implantation soit dans un lieu de "belles" pierres et non dans un endroit qui ne gênerait pas le voisinage? Les voisins n'ont pas le choix. Cela s'impose à eux, inévitablement. Alors on peut opposer à cela l'idée d'une certaine liberté d'expression qui serait étouffée par des procédures judiciaires! Dans un lieu qui ne gênerait pas ceux qui habitent tout près, cela ne poserait probablement pas de problème. D'un côté il y a donc le voisinage qui est "victime" de cette imposition et de l'autre la "Demeure" qui se pose comme "victime" d'un acharnement judiciaire, d'un rejet moralisateur. Je crois qu'il faut entendre les deux positions.


Peut-on tout se permettre au nom de l'Art?
Doit-on détruire la Demeure au nom du patrimoine et du respect de chacun?

vendredi 24 septembre 2010

Zoom arrière

Juste des couleurs pour embellir notre soirée. 

Un zoom arrière pour Cricri.

Un clic clac et vous souhaiter un beau weekend!


L'idée est de poster sur son blog une photo étrange, rigolote, insolite, anodine, poétique avec ou sans petit mot. En toute simplicité, juste pour le PLAISIR de jouer.

Titine

Voilà venu le tour de la lettre T... Oui, aujourd'hui, c'est vendredi et je participe avec plaisir au jeu de Kaki: chaque semaine, une nouvelle lettre...

Et voilà que dimanche dernier, sur la route qui me portait vers la Demeure du Chaos, j'ai rencontré Germaine. Sacrée Germaine... Impossible de passer tout près sans en garder quelques images. Puisque de nos jours, nous n'en voyons plus guère... Regardez donc! N'est-elle pas craquante? Une vraie Zazou, toute en rondeurs et gaieté. Décapotable à souhait dès les beaux jours arrivés, pas besoin de climatisation intégrée. Une vraie déesse de la route. Les yeux joyeusement maquillés.



J'en conviens, vous ne partirez pas camper avec toute la famille rangée sur la banquette arrière et les valises dans le coffre mais quelle aventure!!! Le voyage prend alors toute autre allure.



Quel rapport avec Titine????
Le surnom que l'on peut donner à sa voiture....
Tout simplement.

Ici c'est Germaine. Et vous?

jeudi 23 septembre 2010

Gourmandises félines

Ici, le chat est aux croquettes! Il ne connaît rien d'autres hormis lorsque ma fille veut le gâter, à Noël. Il a alors droit à sa pâtée. Il nous arrive aussi de lui laisser quelques miettes de thon quand une boîte est ouverte pour la salade. Il ne semble pas malheureux.

Regardez donc ces yeux de gourmand!


De temps en temps, on lui offre une petite douceur...


L'herbe à chat.
J'ai lu la composition: de l'orge.
Il doit y avoir d'autres graines possibles...


Il s'en approche doucement...


.... plonge son nez et se délecte de l'odeur...

... et ouvre ses babines!

Et quand le repas est terminé,
boire un coup, ce n'est pas de refus!


Et si mon petit chat me faisait gagner chez THE PARISIENNE....

Quelle joie!

BONNE JOURNEE AUX GOURMANDS

(et aux autres!!!)


L'amour est une île


L'amour est une île
CLAUDIE GALLAY



Quatrième de couverture:

C'est une saison particulière pour Avignon et les amoureux du théâtre: la grève des intermittents paralyse le festival. Un à un les spectacles sont annulés. Les visiteurs déambulent sous un soleil de plomb, à la recherche des rares lieux où joueront quand même quelques comédiens. Comme Mathilde, dite la Jogar: devenue célèbre depuis qu'elle a quitté Avignon, elle est enfin de retour dans cette ville où elle a grandi, et pour un rôle magnifique. L'homme qu'elle a tant aimé, et qui l'a tant aimée, Odon Schnadel, a appris sa présence par la rumeur. Lui-même vit ici en permanence, entre sa péniche sur le fleuve et le petit théâtre qu'il dirige. Cette année-là, avec sa compagnie, Odon a pris tous les risques. Il met en scène une pièce d'un auteur inconnu, mort dans des circonstances équivoques: un certain Paul Selliès dont la jeune sœur Marie -une écorchée vive- vient elle aussi d'arriver à Avignon, un peu perdue, pleine d'espérances confuses.... ou de questions insidieuses. Car autour de l'œuvre de Paul Selliès plane un mystère que ces personnages dissimulent ou au contraire effleurent, parfois sans faire exprès, souvent dans la souffrance. Plongée au cœur des passions, des rêves et des mensonges, des retrouvailles sans lendemain, des bonheurs en forme de souvenirs, des amours que l'on quitte, des îles qu'on laisse derrière soi, le nouveau roman de Claudie Gallay noue et dénoue les silences d'un été lourd de secrets.


MA LECTURE:

J'ai beaucoup aimé ce livre, cette histoire, cette écriture. Comme pour Les Déferlantes, je suis restée scotchée au livre, happée par l'histoire, intriguée par le secret qui se dénoue au fil des pages. J'ai déambulé avec Marie dans les rues chaudes et pesantes d'Avignon, j'ai photographié aussi, j'ai profité d'une chambre luxueuse avec Mathilde, j'ai même été applaudie, j'ai vibré aux souvenirs d'Isabelle, j'ai eu le trac avec Julie, j'ai eu mal avec Odon, etc... Par touches successives, Claudie Gallay nous entraîne auprès de chacun des personnages qui nourrit ce roman. Point besoin de faire constamment dans le détail de leur pensée. Par contre, sentir leurs gestes, leurs silences, leurs retenues, leurs agacements, leurs regards... Toutes ces choses qui font que les personnages deviennent vivants, prennent corps et montrent leur humaine condition, leurs écueils, leur quête. Claudie Gallay a un talent incroyable pour nous emporter dans cette histoire dont les recoins sombres vont se révéler au fur et à mesure jusque vers l'issue dramatique. Une faute peut-elle un jour être rachetée?
J'ai aimé aussi parce qu'on y parle "photo", on sent la voisine arlésienne toute proche. On parle de Willy Ronis ou Nan Goldin. J'ai aimé aussi parce qu'il y a un clin d'oeil du côté de l'énigme d'Einstein (page 140)... Vous la connaissez tous. J'aime ce type de jeux de logique. Quand on a compris comment facilement résoudre l'énigme, on s'en sort avec toutes celles du même type.

EXTRAITS ET CITATIONS:


P144: " - C'était une si belle histoire vous deux, dit Isabelle. Tu ne regrettes pas?
Un sourire passe sur le visage de Mathilde. Parfois, Odon lui manque, sa tendresse, son amour aussi, les étreintes de son corps lourd.
Elle laisse glisser sa cuillère sur la tranche de pain perdu.
- L'amour est une île, quand on part on ne revient pas.
Elle se lève, s'approche de la fenêtre. Des insectes bruissent furieusement dans les plantes du balcon. Les feuilles brûlent de tant de soleil.
Isabelle vient la rejoindre.
- Tu aimes encore?
- Oui... J'aime mon métier, j'aime les mots, mes amis. J'aime la terre, la nature...
- Et les hommes?
- Les hommes aussi quelquefois. Je les aime tellement que je ne les aime qu'avec passion... Mais je m'ennuie vite avec eux. Ils me font perdre mon temps, me prennent mon énergie."

P154: "Odon sort. Il trouve le curé assis à la table du jeu d'échecs. Il prend la chaise en face. Il a le visage sombre.
- A quoi tu penses? demande le curé.
- A tout ce que je voudrais faire et que je ne ferai pas.

- Et alors?

- Alors rien.... Ça me désespère.

Il s'est disputé avec Julie. Elle dit qu'il est de droite. Ça l'a blessé. Il n'est pas de droite. Plus de gauche. Elle, elle est vraiment de gauche, idéaliste, sentimentale, elle croit que l'homme est bon.
Depuis quelque temps, les bons sentiments, la fraternité, ça l'agace. Il lui arrive même de penser que l'homme est pervers, médiocre et jaloux.
Est-ce qu'il vieillit?"

P343: " Elle s'assoit sur le matelas. Elle pense à la vie qu'elle n'a pas eue, à toutes celles qu'elle aurait pu avoir. Loin, ailleurs, autrement.
Les vies que l'on n'a pas sont-elles toujours les plus belles?"

Si vous souhaitez participer à la citation du jeudi:


Si vous avez lu ce livre et écrit un billet sur votre blog...
Mettez-moi le lien en commentaire.
Je récapitulerai ici.

BONNE JOURNEE!


mercredi 22 septembre 2010

Golconde

Dans mon école, nous avons décidé de travailler (en vue de l'expo de fin d'année) le thème tout simple de l'Art (et plus précisément, "à la manière de..."). C'est assez vaste pour nous laisser suffisamment de liberté d'interprétation selon chacune (oui, il n'y a que des nénettes qui bossent dans mon école). Alors, parallèlement, j'ai pensé que leur faire découvrir quelques œuvres d'artistes (sans pour autant les "utiliser" plastiquement dans l'objectif d'une réalisation) n'était pas inintéressant. Comme nous travaillons actuellement autour du thème de la météo, j'ai immédiatement pensé à MAGRITTE.


Golconde, MAGRITTE

Voici donc ce qu'ils ont découvert hier, affiché au tableau. C'est le début d'année et la discussion autour de l'œuvre ne fut pas très longue mais il faut bien commencer... A leur niveau, ils ont décrit les "maisons", les "bonshommes" et ils ont fait le lien avec la pluie! Cela me suffit.

Voilà Virginie ce qui est sur le mur de ma classe!!!

Hélas, plus ils grandissent, plus l'art est absent de l'enseignement. Au collège, ils n'ont plus qu'une heure par semaine (et cela est fait d'une façon qui me plaît guère... et qui ne motive que les élèves très très motivés par la matière. Mais bon, en même temps, avec une seule heure hebdomadaire, on ne peut faire des merveilles!).

C'est dommage car l'art ouvre à une certaine fantaisie (mais aussi une rigueur, une découverte) et à l'acceptation d'autres formes de voir le monde et le penser. D'ailleurs, en tant que "matière scolaire", l'art plastique en classe doit répondre à des objectifs pédagogiques, des compétences mises en œuvre, patati, patata...


Quel regard avez-vous sur cet "art plastique" scolaire?

Vous auriez des idées de tableau pour mon thème "météo"?


En costume !

Je n'ai jamais su coudre, je n'ai jamais cherché à améliorer mes compétences en ce domaine. Hormis recoudre un ourlet, un bouton, un accroc, je suis vraiment incapable de me lancer dans une création quelle qu'elle soit. Je suis toujours admirative de celles (car ce sont souvent des femmes) qui cousent des vêtements pour elles-mêmes ou pour leurs enfants. Pourtant, étrangement, dans le domaine de la haute couture, ce sont souvent des hommes... (Il y a-t-il en ce domaine un plafond de verre???)

Durant le défilé de la Biennale de la danse à Lyon, certains costumes étaient réellement surprenants. J'admire l'imagination (qui probablement se nourrit aussi de ce qui se fait dans la mode et dans le monde) de celles et ceux qui se sont mis derrière leur machine à coudre pour nous en mettre plein les mirettes en ce dimanche 12 septembre dernier.

Pour Zaza qui fait une revue de looks chaque mardi, j'ai sélectionné quelques images qui montrent cette ingéniosité, cette créativité que j'admire. Que toutes ces petites mains en soient remerciées!!!








Vous vous posiez la question du recyclage des jouets de vos enfants???

Et vos petites mains sont-elles expertes en couture?

BONNE JOURNEE

lundi 20 septembre 2010

Au boulot!

Comme beaucoup de profs, chaque jour je pars au boulot avec mon cartable! Je n'ai jamais su travailler uniquement sur mon lieu professionnel. Certains parviennent à rester après la journée pour préparer la journée du lendemain, la semaine, mettre à jour leur "cahier journal", faire leurs fiches de prèp (héhé, les profs comprendront), etc... Personnellement, je préfère rentrer chez moi et tranquillement, tout en buvant un thé, faire ce que je dois faire. Je transporte donc mon classeur quotidiennement, ma trousse, accessoirement ma clé USB qui contient les fiches que j'ai préparées, parfois mon appareil photo, mon repas...

Allez, je vous montre mon super cartable!!!
L'accessoire hyper indispensable de ma rentrée!!!

(Qu'en penses-tu Val?)


Quand je suis enfin au boulot, que tous les monstres sont arrivés, qu'après le moment d'accueil et de regroupement, ils ont travaillé, nous avons droit à une pause... La récrée! Donc au moment où les élèves s'apprêtent à sortir de la classe, je mets ma bouilloire en route. Puis direction toilettes! Pause pipi. Quand nous en revenons, l'eau est chaude. Les enfants mettent leurs chaussures. Hop, je verse l'eau dans ma "tasse". C'est mon rituel du matin, mon rituel incontournable, mon rituel réconfortant! Je les aide à enfiler, lacer, etc... avec Jacqueline! Jacqueline, c'est la personne ADORABLE qui bosse avec moi dans la classe. Enfin, c'est le départ en récrée.


Ne croyez surtout pas qu'il s'agisse réellement d'une récrée pour les profs... Non, non!!!! Il y a toujours des petits conflits, des petits chagrins, des bobos, etc...



Après la récrée? Rebelote. On quitte les chaussures, on remet les chaussons et direction la salle de motricité. Puis vient l'heure des parents, nounous et compagnie. Il faut vite se rechausser! Voilà, ils sont prêts à partir....


Je vous laisse, c'est l'heure de manger!

BON APPÉTIT!

dimanche 19 septembre 2010

Chère Sandra...



Tu nous as demandé, il y a quelques jours, d'écrire un billet dont le thème serait la paresse. Alors que d'habitude, j'aime à rechercher des images (d'artistes ou de photographes) pour illustrer le billet du jour ou bien utiliser l'une de mes photographies, cette fois-ci je fais au plus simple!!!! Je n'ai pas si souvent l'occasion de profiter d'un moment de paresse entre le boulot, les enfants, les mille et unes choses à organiser pour la maison et la vie quotidienne... Alors là, j'attrape l'incitation paresseuse au vol et je pique les photos que ma fille a faites en Normandie durant le mois d'août.

Reposer en paix!



Regarder les autres se baigner.


Prendre une photo plutôt que d'aller jusqu'au bout.



Laisser l'autre faire le plein!


Sur ce, je vais m'allonger et rêvasser...

Bonne journée!!!
(Merci à ma fille pour les photos!!!)