vendredi 15 novembre 2013

Esprit d'hiver



Laura Kasischke
Esprit d'hiver


Quatrième de couverture:

 Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

Ma lecture:

Une critique est d'autant plus difficile lorsque, habituellement, on apprécie un auteur pour la qualité de son écriture et la construction narrative de ses romans. Esprit d'hiver est le sixième roman que je lis de Laura Kasischke et c'est la première fois qu'une envie de délaisser ma lecture m' a envahie, c'est la première fois que j'ai souhaité sortir de ce huis-clos étouffant. Peut-être finalement est-ce la preuve que l'auteur a fort bien réussi à transmettre au travers de son récit l'ambiance lourde et oppressante qui s'installe entre la mère et sa fille? Peut-être ai-je été trop sensible à l'enfermement mortifère décrit par l'auteur? Enfermement dont je n'avais qu'une envie, m'échapper, refermer le livre, terminer cette lecture!

Indéniablement, Laura Kasischke sait mettre en place un récit admirablement construit. Au fil des pages,  elle sait distiller ici et là, des indices, des détails, des situations qui teintent le roman d'interrogations, de questionnements obscurs, de malaises insaisissables, c'est là, c'est latent, sous-jacent. Le lecteur s'approche subrepticement de ce qui sera dévoilé à la fin, s'en approche, touche du bout des doigts la résolution finale si bien qu'on n'est pas surpris à la lecture du rapport des dernières pages. (Un peu comme la fin du film "Les autres", film d'Alejandro Amenabar, 2001). On le sait, sans que cela soit dit.

Mais...

Alors qu'habituellement, j'admire la subtilité des descriptions de l'auteur, la juste mesure des détails inquiétants ou dramatiques égrainés au fil des romans, là, j'ai rencontré de nombreuses répétitions, d'obsessionnelles répétitions. L'auteur exprime probablement la pathologie maternelle par cet effet mais en tant que lectrice, j'ai ressenti une lassitude, répétition après répétition. La mère ressasse, ressasse, ressasse, les souvenirs tournent en boucle, on est dans un monde clos, un huis-clos. Comment échapper à l'impensable? La mère s'échappe de cette réalité impensable dans les souvenirs, dans les regrets, dans les actions qui ponctuent cette journée de Noël.

Tout au long du roman, nous progressons dans la journée d'Holly, dans sa folie. Mais qu'il est dommage que le rapport soit donné au lecteur à la fin du livre! Cette étrangeté que l'on perçoit dès les premières pages du roman, ce côté irréel, le serait un peu moins et, en ce qui me concerne, j'aurais bien plus accroché à cette lecture. Pourquoi? Parce qu'à force de répéter les étrangetés, on n'y croit plus, elles lassent. Pourtant, plus on s'approche de la fin, plus on comprend, on sait et le rapport policier ne fait que confirmer. Et JUSTEMENT! Je pense que j'aurais beaucoup plus apprécié les qualités descriptives et narratives du récit si mon interrogation et mon attention n'avaient pas été happées par l'énigme de cette journée mais plutôt par "comment cette mère fait pour échapper à l'impensable". Cela aurait eu un impact dramatique extrêmement plus intense pour moi. Ce que j'ai vérifié en relisant des passages du livre après l'avoir terminé. Comprendre comment cette mère se dépatouille de cette réalité impensable, comment la confusion s'immisce en elle, comment la fureur et la culpabilité se mêlent quand il n'y a plus d'échappatoire?

Toutes les répétitions revêtiraient alors un tout autre sens:
- Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux!
- les flashbacks incessants 
- l'orphelinat
- le prénom Sally
- la porte verrouillée
- le questionnement quant à l'écriture ( La maternité empêche-t-elle l'écriture? Holly se leurre-t-elle elle-même en ayant cru, un jour, être poétesse?)

De la même façon, les différentes actions qui ponctuent cette journée de Noël seraient d'autant plus poignants et bouleversants:
- projection du téléphone (qui brise le verre à eau)
- le couteau
- le rôti.


J'ai lu ce roman dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2013
proposés par PriceMinister-Rakuten (ICI

Grand merci à eux!





8 commentaires:

  1. ❀ ✿ Bonjour Chrys et MERCI de nous parler de ce livre de Laura Kasischke.
    J'aime lire ton avis sur ce roman.

    Je t'envoie plein de bises d'Asie
    Bonne continuation ✿ ❀

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  2. Je ne connais pas encore l'auteure, mais je pense que je lirai ce roman bientôt.
    Tu as mis quelle note pour les Matchs au fait? ;)

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    1. J'ai mis 13/20 alors qu'habituellement j'apprécie vraiment cette auteure.

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  3. Hello, congratulations on your blog!
    If you can visit this blog:
    http://morgannascimento.blogspot.com.br/
    Thank you for your attention

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  4. Ah mais ça me rassure de lire ta critique.Je n'ai pas du tout adhéré et je n'avais jusqu'à présent lu que des critiques enthousiastes, j'avais l'impression d'être passée à côté du livre.

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  5. Donc, ça ne sera pas celui-ci pour moi ! Merci
    Biz

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  6. Je ne connaissais pas. Ça doit être intéressant de participer a ce type de lecture pour donner son avis :-)
    À bientôt

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MERCI BEAUCOUP POUR VOTRE COMMENTAIRE!