jeudi 17 février 2011

Syngué sabour Pierre de patience

 
ATIQ RAHIMI
Syngué sabour 
Pierre de patience


Quatrième de couverture:

"Cette pierre que tu poses devant toi... devant laquelle tu le lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères... à qui tu confies tout ce que tu as sur le cœur et que tu n'oses pas révéler aux autres... Tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines... Comment appelle-t-on cette pierre?"
En Afghanistan peut-être ou ailleurs, une femme veille son mari blessé. Au fond, ils ne se connaissent pas. Les heures et les jours passent tandis que la guerre approche. Et la langue de la femme se délie, tisse le récit d'une vie d'humiliations, dans l'espoir d'une rédemption.
Prix Goncourt 2008.

Ma lecture:

   Une lecture rapide (car le livre ne fait que 138 pages) mais intense! Je me suis sentie dans un huis-clos. Une femme, car c'est l'histoire d'une femme, est allongée près de son mari et tente de suivre le rythme de sa respiration avec son chapelet.  Combattant de guerre, son mari est blessé, inerte, présent mais... seul son corps est là! L'homme ne parle pas, l'homme est comme inconscient (croit-on?), l'homme cependant garde les yeux ouverts. L'homme  est nourri au goutte à goutte. Les souvenirs du passé surgissent chaque jour un peu plus, elle parle, elle se souvient, elle avoue, elle révèle... Elle croit être possédée, être une démone (dit-elle) mais cet homme qui ne répond rien l'entraîne toujours plus loin dans ses révélations.
    Quelques fois, des "intrusions" du monde extérieur: le bruit des bombes, des affrontements armés, le mollah, la voisine, des combattants... nous font saisir ce que la guerre a de plus terrible. 

Citations:

P63: 
"Qui étais-tu vraiment? Personne ne savait. Pour nous tous, tu n'étais qu'un nom: le Héros! Et, comme tous les héros, absent! C'était beau pour une fille de dix-sept ans de se fiancer avec un héros. Je me disais: Dieu aussi est absent, pourtant je l'aime, je crois en lui... Bref, ils ont célébré nos fiançailles sans le fiancé! Ta mère prétendait: C'est bon, la victoire est proche! Bientôt ce sera la fin de la guerre, la libération, et le retour de mon fils! Presque un an après, ta mère est revenue. La victoire était encore loin. Alors elle a dot: C'est périlleux de laisser une jeune fiancée aussi longtemps chez ses parents! Je devais donc me marier malgré ton absence. Lors de la cérémonie, tu étais présent par ta photo et par ce foutu kandjar que l'on a mis à mon côté, à ta place. Et j'ai dû encore t'attendre trois ans, je n'ai plus eu le droit de voir mes copines, ma famille... Il est déconseillé à une jeune mariée vierge de fréquenter les autres filles mariées. Foutaise!"

P75:
"La première fois que j'ai voulu te donner un baiser sur les lèvres, tu m'as repoussée. Je voulais faire comme dans les films indiens. Tu avais peur, peut-être, c'est ça?" l'interroge-t-elle d'un air amusé. "Oui. Tu avais peur parce que tu ne savais pas comment embrasser une fille." Ses lèvres caressent la barbe drue. "Maintenant je peux tout faire avec toi!" Elle soulève la tête pour mieux voir son homme au regard vide. Le fixe longuement, de près. "Je peux te parler de tout, sans être interrompue, sans être blâmée!" 


P110:
"Pardon!... c'est... c'est la première fois que je te parle ainsi... j'ai honte. Je ne sais vraiment pas d'où ça sort. Avant, je ne pensais jamais à tout cela. Crois-moi. Jamais!" Un temps, puis elle reprend: "Même quand je te voyais, toi, être le seul à jouir, ça ne me déplaisait pas du tout. Au contraire, je m'en réjouissais. Je me disais que c'était cela notre nature. C'était cela notre différence. Vous les hommes, vous jouissez, et nous les femmes, nous nous en réjouissons. Cela me suffisait.

Si vous souhaitez participer à la citation du jeudi:




EXCELLENTE JOURNEE A VOUS!

12 commentaires:

  1. J'avais lu et aimé ce petit chef-d'oeuvre à sa sortie. Puis rencontré l'auteur (couronné du prix Goncourt 2008) au salon du livre, un monsieur charmant!
    Bisous et très belle journée

    RépondreSupprimer
  2. J'ai lu ce livre qui est effectivement très prenant et rapide à lire...Bonne journée..

    RépondreSupprimer
  3. Je ne l'ai pas lu, mais ton billet me donne très envie de le lire.
    Les citations me parlent. C'est la raison pour laquelle je veux découvrir ce livre.
    Très bonne journée à toi.

    RépondreSupprimer
  4. Je n'ai pas du tout aimé ce livre... Je l'ai trouvé pleurnichard et mou, l'histoire ne m'a pas spécialement plu, bref, pas un bon souvenir du tout...
    Des goûts et des couleurs.............

    RépondreSupprimer
  5. Oui, à lire "vite"... un peu pour l'ambiance qui pourrait être celle de toute guerre. Un peu comme Boulie, je pourrais dire que certains passages m'ont semblé too much... mais sans pour autant gâcher ma lecture.

    RépondreSupprimer
  6. J'ai bien aimé ! Un prix littéraire qui le méritait !!

    RépondreSupprimer
  7. Je vais me l'acheter. MERCI Chrys.
    BISOUS.

    RépondreSupprimer
  8. lu et adoooré aussi il est tellement intense...

    RépondreSupprimer
  9. Je l'ai lu et vraiment apprécié.

    RépondreSupprimer
  10. Merciii pour le relai m dame ;) c super gentil BISOUS

    RépondreSupprimer
  11. Quelle photo, ces lèvres..., j'ai rêvé avec lui, tu sais? je vais essayer de troouver ce livre par internet...
    Gros bisous.

    RépondreSupprimer